Monument aux héros nationaux situé à Ouagadougou.

Rencontre avec Saga Ouiya, doctorant à l’École du Louvre et à l’Université de Poitiers

Centre de recherche
Doctorant en cotutelle entre l’École du Louvre et l’Université de Poitiers, Saga Ouiya sur son parcours académique, professionnel et ses expériences de formation à l’École du Louvre.
Portrait de Saga Ouiya, chercheur co-encadré par l'École du Louvre et l'Université de Poitiers

En 2020, Saga intègre l’École du Louvre où il obtient deux ans plus tard le diplôme de deuxième cycle parcours Recherche en Muséologie. Titulaire d’une Licence d’histoire de l’Université Pr Joseph Ki-Zerbo depuis 2017 et d’un Brevet en Muséologie de l’École nationale d’administration et de magistrature du Burkina Faso validé en 2018, il a auparavant travaillé dans l’administration publique burkinabè dans le secteur de la culture et assuré en parallèle des fonctions d’enseignant dans les collèges et lycées à Ouagadougou.

Sa thèse, en co-encadrement entre l’École du Louvre et l’Université de Poitiers, intitulée Le commerce des biens culturels lobi du Burkina Faso de 1900 à nos jours : productions, modalités de cession et circulations s’inscrit au cœur des enjeux actuels du patrimoine culturel au Burkina Faso, son pays d’origine. Depuis septembre 2022, Saga a réalisé des enquêtes en Afrique et en Europe. Ses recherches abordent les enjeux du collectionnisme durant la période coloniale au Burkina Faso, le fléau de la circulation illicite des biens culturels, en particulier ceux du peuple Lobi, ainsi que les instruments juridiques en la matière. 

En 2023 et 2024 la bourse de la Fondation Antoine de Galbert, issue du Fonds de dotation de l’École du Louvre, soutient ses différents séjours de recherche en Afrique :  au Burkina Faso, il échange avec des sculpteurs, des acteurs du marché de l’art, tels que les antiquaires et les marchands, mais également des responsables de l’administration publique notamment au ministère de la culture, au tribunal de grande instance de Ouaga 1 et de Gaoua, aux services des douanes, puis avec Interpol-Burkina. Il parcourt en pays lobi des villages de Gaoua, Dano, Kampti, etc. à la rencontre de personnes sources. Il séjourne à Dakar au Sénégal et à Abidjan en Côte d’Ivoire pour consulter des archives, étudier des collections et rencontrer des acteurs de premier plan. En France, Saga mène plusieurs enquêtes auprès de galeristes parisiens dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés et s’entretient avec des chercheurs ainsi que des collectionneurs ayant un intérêt affiché pour les arts des Lobi. 

Saga Ouiya aspire après son doctorat à devenir enseignant-chercheur dans les universités burkinabè. Fort d’une expérience dans ce domaine, il consolide ses compétences pendant sa thèse : tant à l’École du Louvre qu’à l’Université de Poitiers, il suit des formations orientées vers l’enseignement et assure en 2025 des travaux dirigés en Licence 3 spécialité histoire de l’art et archéologie de l’Université Yembila Abdoulaye Toguyeni au Burkina Faso. Saga est aussi l’auteur de plusieurs communications et publications scientifiques.