EDL

Centre de recherche

L'équipe du Centre de recherche de l'École du Louvre est composée d'enseignants-chercheurs, de chercheurs associés, de chercheurs invités et d'étudiants de troisième cycle préparant leur thèse à l'École du Louvre.

Introduction

L'équipe du Centre de recherche de l'École du Louvre est composée d'enseignants et de chercheurs habilités à diriger des travaux de recherche. Issus d'horizons divers, ils apportent un large éventail de compétences en lien avec les domaines de spécialisation de l'École, à savoir l'histoire de l'art, l'histoire sociale, l'archéologie, l'anthropologie et la muséologie.

Les axes de recherche

Responsable : François-René Martin

Tout objet culturel revêt une forme matérielle et tangible, et est imprégné de la signification que lui confèrent son époque et la postérité. Toutes les créations humaines ont ainsi une vie, qui s’étend de leur création à leur réception au fil du temps, et que l’on peut désigner par le terme de « biographie ». Comprendre la production concrète et contextuelle des objets – qu’il s’agisse d’œuvres d’art ou, plus généralement, d’objets culturels –, y compris leurs commandes et leurs usages, nécessite une perspective à long terme englobant l’existence actuelle des œuvres et leur destin futur. Ce domaine de recherche examine donc la multitude d’objets qui composent le patrimoine artistique de toutes les sphères culturelles. Trois éléments sont ici examinés : les origines de tous ces objets, leur composition matérielle et visuelle, et enfin leur vie sociale, au sein de laquelle une multitude de valeurs leur permettent de perdurer à travers les âges jusqu’à nous parvenir aujourd’hui. Ce sont là autant de questions débattues en histoire de l’art, en anthropologie et dans les sciences naturelles. Toutes ces approches s’inscrivent dans une perspective éclairée sur chacun de ces objets. Tout au long de son histoire, l’École du Louvre a, dès sa création, placé l’objet au centre de ses préoccupations. Cette priorité n’est pas exclusive : elle sous-tend une multitude d’approches, nourries par les développements récents de l’historiographie et des sciences humaines.

Responsable du projet : Anne Ritz-Guilbert

Depuis des décennies, les notions de « lointain » et de « proche » constituent des principes fondamentaux ou des outils méthodologiques essentiels dans les sciences humaines. L’histoire de l’art s’intéresse de plus en plus aux questions liées à cette dichotomie, qui avait auparavant été étudiée par l’anthropologue américain Clifford Geertz. Le « mondial » fait écho aux notions contradictoires d’universalité et de mondialisation, aux échanges, aux transferts et à la circulation des personnes, des idées, des biens et, bien sûr, des œuvres d’art ou des formes artistiques. À l’inverse, le « local » ne doit pas être conçu comme le lieu d’une identité fermée ou menacée, mais comme une manifestation unique d’une histoire plus large.

La question des échelles figure également parmi les enjeux et les outils utilement mis en œuvre par les historiens – ainsi que par les historiens de l’art. De l’étude de la circulation de motifs ou de formes sur une longue période et à travers de vastes espaces, à l’analyse approfondie d’un centre artistique, d’un groupe d’artistes ou de l’œuvre d’un artiste, il existe tout un éventail d’échelles que l’historien de l’art peut combiner.

Le néologisme « glocal » apporte enfin une nouvelle dimension à ce contraste : loin d’être un phénomène homogénéisant, la mondialisation opère de différentes manières selon les zones géographiques, avec des variations qui restent locales, à travers des formes spécifiques d’hybridation et de métissage culturel. Là encore, l’histoire de l’art s’est récemment penchée sur ces questions, sans pour autant abandonner ses domaines d’analyse traditionnels.

Responsable : Cecilia Hurley-Griener

L’École du Louvre entretient des liens très étroits avec le monde muséal, d’autant plus que bon nombre de ses enseignants sont des conservateurs. L’École souhaite avant tout se positionner comme un observateur attentif et critique face aux mutations qui transforment actuellement les institutions muséales. Par exemple, le musée se contente-t-il d’offrir une forme de connaissance de l’objet entièrement prédéterminée par le rôle croissant d’Internet, ou doit-il, au contraire, proposer un espace dédié aux expériences immédiates ? La deuxième perspective mise en avant par l’École du Louvre est de nature historiographique. Elle continue de mener des recherches universitaires approfondies sur l’histoire des collections privées et publiques ; les modèles analytiques qui sous-tendent ces études ont considérablement évolué et exigent une connaissance approfondie de plusieurs disciplines, ainsi qu’une passion pour l’histoire culturelle. Le pôle de recherche « Muséologie » tient pleinement compte de cette pluralité de pratiques en proposant des programmes qui reflètent leur diversité. Enfin, le patrimoine culturel – qui est indissociable des musées – constitue l’un des domaines d’étude de l’École du Louvre. Qu’il s’agisse de la généalogie intellectuelle du concept, de son évolution en tant que sentiment collectif ou de la mise en œuvre de politiques publiques spécifiques qui s’y rapportent, toutes ces questions font l’objet de recherches approfondies, dans le sillage de l’analyse classique présentée dans *Le culte moderne des monuments* (1905) par le chercheur viennois Aloïs Riegl. Aujourd’hui, la réflexion sur le patrimoine s’est ouverte à des comparaisons entre un éventail infiniment varié de conceptions, dans un monde globalisé qui n’a toutefois pas uniformisé la compréhension que chacun a de ce qui, au sein d’une société, est imprégné de valeurs artistiques, historiques ou culturelles supérieures.

Responsable : membres permanents du Centre de recherche

Depuis un quart de siècle, l’histoire de l’histoire de l’art est l’un des domaines les plus dynamiques de la discipline. Elle s’intéresse traditionnellement aux individus et aux institutions, aux parcours des figures marquantes, ainsi qu’aux contextes dans lesquels s’articulent les discours. Parallèlement à ces approches courantes, auxquelles elle contribue, l’École du Louvre aborde ce domaine à travers les objets et les méthodes de l’histoire de l’art et des sciences muséales. Les objets, c’est-à-dire l’ensemble des artefacts qu’elle examine et classe dans la catégorie très large et fluide de l’art. Ces objets divers se trouvent dans les musées, soumis aux classifications implicites ou explicites de ces institutions. Le terme « objets » revêt également un sens plus large, correspondant aux images ou représentations que les historiens de l’art se font du passé qu’ils étudient. Enfin, le terme « méthodes » désigne l’éventail des approches interprétatives propres à la discipline, mais inspirées par les sciences humaines ou les sciences naturelles, qui permettent de reconstruire non seulement la signification historiquement située des œuvres, mais aussi la somme des significations qui leur sont conférées par leur réception. Ce domaine recoupe naturellement celui de la muséologie, lieu par excellence de l’hybridation d’une grande variété de discours.

Responsable : Isabelle Anatole-Gabriel

La notion de provenance est apparue au XVIIIe siècle, avec l’élaboration des premiers catalogues de collections (Catalogue des collections royales, 1729) et l’émergence du marché de l’art. Cependant, au cours des trois dernières décennies, les questions relatives à l’acquisition, à la circulation et au transfert des biens culturels sont devenues une nouvelle source de préoccupation pour les institutions chargées du patrimoine et le marché de l’art, tant au niveau national qu’international. Outre les recherches sur les pillages commis entre 1933 et 1945 – qui ont connu un regain d’intérêt dans les années 1990 –, de nouveaux enjeux sont apparus : le trafic illicite a fortement augmenté, notamment en raison des menaces pesant sur le patrimoine lors des conflits armés et des pillages archéologiques ; la question des objets provenant de contextes coloniaux a connu une profonde évolution, tout comme celle des restes humains. Les recherches sur les circonstances dans lesquelles les collections des musées ont été acquises ont conduit à d’importantes restitutions aux pays d’origine.

Ces procédures s’appuient sur la recherche de provenances. Celle-ci s’inspire naturellement des méthodes traditionnelles de l’histoire de l’art, mais poursuit un objectif différent : à la fois juridique et éthique. Elle se concentre donc sur des aspects qui requièrent une expertise technique spécifique (origine, changements de propriété, marché de l’art, généalogie). Elle recense les traces historiques ainsi que leur absence, et vise l’exhaustivité (même si elle y parvient rarement) dans la reconstitution de la chaîne de propriété. Elle vise, dans le cas des acquisitions, à garantir la régularité du processus, et, pour les collections permanentes, à assurer la véracité et la transparence concernant les acquisitions passées, prévenant ainsi les risques réputationnels et juridiques. Centrée sur l’objet, elle réécrit son histoire. Elle doit désormais s’inscrire dans une perspective internationale et adopter des normes communes afin de permettre une intensification des efforts en faveur de la mise en œuvre des différents instruments réglementaires internationaux existants.

Responsable : Ségolène Liautaud

Les études féministes appliquées à l’histoire de l’art, apparues dans les années 1970, continuent d’évoluer et de prendre de l’ampleur au sein de la discipline. Bien au-delà de la simple mise en avant des femmes artistes, ce domaine de recherche invite l’ensemble de la discipline à réexaminer ses méthodologies et à reconnaître la nécessité d’une plus grande interdisciplinarité avec d’autres domaines des sciences humaines et sociales. Les études de genre, quant à elles, vont au-delà des questions soulevées par les études féministes en intégrant les enjeux de la féminité et de la masculinité, des identités et du sexe. L’application des études de genre à l’histoire de l’art permet notamment de renverser le regard masculin/féminin, de redéfinir les critères du plaisir visuel et de l’érotisme, et de repenser les représentations des corps dans les œuvres d’art. Enfin, l’approche intersectionnelle complète ces études précédentes en prenant en compte la cumulation des formes de domination : le genre, mais aussi la race et la classe sociale. L’intersectionnalité en histoire de l’art permet également de remettre en question la structure fortement hiérarchisée des relations de collaboration dans la création artistique (modèles, assistants, praticiens) ainsi que la persistance des dominations géographiques et culturelles dans un monde qui se veut mondialisé. Cette approche permet d’identifier de nouvelles perspectives et de mettre en lumière des œuvres exclues du canon traditionnel, faisant ainsi de l’histoire de l’art une discipline écrite au présent.

Membres du centre de recherche

La Direction

  • Claire Barbillon, professeure des Universités, directrice de l'École du Louvre
  • Annaïg Chatain, conservatrice en chef du patrimoine, directrice des études

     

Membres permanents

  • Cécilia Hurley Griener, docteure en histoire de l'art (HDR), chercheuse rattachée aux collections spéciales, responsable du pôle patrimonial, Université de Neuchâtel
  • Ségolène Liautaud, chercheuse post-doctorante, chercheuse associée au Centre André Chastel, Sorbonne Université 
  • François-René Martin, coordinateur du Centre de recherche, professeur d’histoire générale de l’art (HDR), École nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris
  • Anne Ritz-Guilbert, docteure en histoire de l'art du Moyen Âge (HDR), chercheuse associée, IRTH-CNRS
  • Isabelle Anatole-Gabriel, docteure en histoire de l’art, conservatrice en chef du patrimoine, responsable du parcours « Biens sensibles, provenances et enjeux internationaux »

     

Soutien administratif et promotion de la recherche, publications

  • Margot Renard, docteure en histoire de l'art, responsable de l'administration et de la valorisation de la recherche
  • Capucine Allaert, chargée d'édition numérique

 

Chercheurs associés

  • Mathias Blanc, docteur en histoire de l’art, chercheur, Université du Luxembourg  
  • Denis Bruna, docteur en histoire de l'art (HDR), conservateur en chef, département Mode et textile, musée des Arts décoratifs, MAD Paris  
  • Catherine Chevillot, conservatrice générale du patrimoine et responsable de la préfiguration de la mission « Provenance » du service des musées de France – Ministère de la culture
  • Philippe Cordez, (HDR) adjoint à la directrice et chef du service de l’appui à la recherche, direction des études muséales et de l’appui à la recherche au musée du Louvre  
  • André Delpuech, conservateur général du patrimoine, Centre Alexandre Koyré, École des hautes études en sciences sociales
  • Pascal Griener, professeur émérite, Institut d’histoire de l’art et de muséologie, Université de Neuchâtel  
  • Anne Jonchery, docteure en muséologie, chargée d'études au Département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation, Ministère de la Culture
  • Vincent Lefèvre, professeur d’archéologie et d’histoire de l'art d'Asie du sud et du Sud-Est, Sorbonne Université
  • Anne-Bénédicte Mérel-Brandenburg, docteure en histoire de l'art et archéologie
  • Vincent Michel, professeur des Universités en archéologie de l'Antiquité classique d'Orient, Université de Poitiers
  • Aude Nicolas, docteure en histoire de l'art (HDR), délégation au patrimoine de l’armée de Terre, ministère des Armées
  • Neville Rowley, docteur en histoire de l'art, conservateur au Bode-Museum et à la Gemäldegalerie, Staatliche Museen zu Berlin  
  • Michaël Vottero, docteur en histoire de l'art (HDR), conservateur régional adjoint des Monuments Historiques, DRAC de Bourgogne Franche-Comté  
  • Hélène Zanin, maîtresse de conférences, Université de Franche-Comté  


     

Les membres associés participent aux programmes de recherche et aux diverses tâches liées au fonctionnement quotidien du Centre.

Chercheurs invités

Afin de renforcer ses axes de recherche prioritaires, l’École du Louvre accueille à Paris, pour une durée de deux à trois mois, un chercheur invité sélectionné sur la base de sa candidature. Cette bourse est ouverte aux universitaires, aux conservateurs et aux professionnels du patrimoine. Intégré à l’équipe de recherche, le chercheur participe aux activités de recherche de l’École du Louvre.

 

Chercheurs invités en 2025

  • Liudmyla Kravchenko, conservatrice de la collection des arts décoratifs, musée national des arts Bohdan & Varvara Khanenko, Kyiv, doctorante, Académie nationale des dirigeants de la Culture et des Arts d'Ukraine (depuis 2022)
  • François Pacha Miran, docteur en histoire de l’art de l’École Pratique des Hautes Études, lauréat du Prix Montalembert 2025
  • Solveig Vanniez-Salvesen, chercheuse au European University Institute, Florence

 

Chercheurs invités en 2024

  • Olga Apenko-Kurovets, conservatrice, département des Arts d'Europe occidentale, musée national des arts Bohdan & Varvara Khanenko, Kyiv, spécialiste des arts appliqués des XVIe et XVIIe siècles et de l'histoire des collections.
  • Nadine Attalah, enseignante, EESAB, Rennes, chercheuse associée, InVisu (CNRS/INHA), lauréate du Prix Montalembert 2023.
  • Alessandro Serrani, post-doctorant, Université des études de Macerata, lauréat du Prix Montalembert 2024.
  • Elaine Dias, professeure d'histoire de l'art, Université Fédérale de São Paulo - UNIFESP, Brésil. Fondation d'appui à la recherche de l'état de São Paulo - FAPESP, Brésil. 
     

Accueil de chercheurs étrangers

Le Centre de recherche de l’École du Louvre accueille des chercheurs internationaux – qu’il s’agisse de doctorants ou de chercheurs confirmés – souhaitant effectuer un séjour de recherche au sein de l’établissement.

D’une durée d’un à six mois, ces séjours s’inscrivent dans le cadre d’un programme d’échanges universitaires et de coopération internationale. Les chercheurs invités sont encouragés à participer activement à la vie académique du Centre : les chercheurs confirmés interviendront lors d’un séminaire, tandis que les doctorants assisteront régulièrement à au moins deux séminaires de recherche.

Les consignes de candidature et le formulaire de candidature sont disponibles ci-dessous.

 

Candidater