Marion Sergent, lauréate du Prix Marc de Montalembert 2026
Description du projet
Ce projet consacré à Henry Valensi (1883-1960), fondateur du musicalisme, vise à analyser le rôle structurant de la Méditerranée dans son parcours et sa pensée. Né à Alger, acteur des avant-gardes parisiennes, Valensi a voyagé tout au long de sa vie dans l’espace méditerranéen, de la Grèce au Maghreb, de l’Italie à la Turquie. En reconstituant ses trajectoires entre les deux rives, cette recherche propose d’aborder sa carrière selon une double échelle, locale et transnationale, en restant attentive aux circulations entre les scènes artistiques. Il s’agit de montrer comment la trajectoire de Valensi se construit à partir de la mobilité de l’artiste et de son insertion dans des réseaux artistiques internationaux, en dehors d’une logique d’opposition entre centres et périphéries.
L’étude s’articule autour de trois axes : l’étude et la transcription de ses écrits théoriques ; la constitution et l’analyse d’un corpus d’œuvres liées à des sites méditerranéens ; et l’examen de ses expositions et de leur réception locale, notamment en Algérie, en Tunisie et au Maroc. L’objectif est de proposer une relecture située de l’œuvre de Valensi et de contribuer à une histoire polycentrique de l’art moderne.
Biographie
Marion Sergent est docteure en histoire de l’art de Sorbonne-Université et chercheuse associée au Centre André Chastel. Son mémoire de master, consacré à l’artiste américaine Louise Janin (1893-1997) sous la direction d’Arnauld Pierre, a donné lieu en 2022 à la publication de l’ouvrage Louise Janin, l’art de l’entre-deux. Elle poursuit ses recherches en doctorat sur l’Association des artistes musicalistes, à laquelle Louise Janin avait adhéré. Sa thèse, soutenue en 2021, retrace l’histoire de ce collectif cosmopolite fondé à Paris par Valensi en 1932, tout en analysant ses réseaux internationaux, ainsi que ses fondements esthétiques et théoriques. Ce travail a été récompensé par la Bourse de recherche de l’Institut Giacometti en 2018.
Depuis 2019, Marion Sergent a enseigné l’histoire de l’art à Sorbonne-Université, à l’Université Polytechnique Hauts-de-France, à l’École du Louvre ainsi qu’aux universités de Lille, Rennes 2 et Strasbourg. Elle est l’autrice de publications dans des revues (Sociétés & Représentations, Nouvelle Revue Esthétique) et ouvrages collectifs, et intervient régulièrement dans des colloques et journées d’études internationaux. L’exposition Drømmenes port. Symbolisme, dont elle a assuré le co-commissariat, a été présentée de février à juin 2025 au musée Ordrupgaard à Charlottenlund, au Danemark. Elle proposait une vision internationale du symbolisme à travers les univers visionnaires et oniriques d’artistes tels que Boleslas Biegas, Romaine Brooks, Fernand Khnopff, Lucien Lévy-Dhurmer ou Odilon Redon.